“Un homme noir de 34 ans, Robert Thompson, a été exécuté jeudi soir au Texas, dans le sud des Etats-Unis, par injection mortelle pour avoir participé à un braquage au cours duquel un autre homme a commis un meurtre”.
Dépêche AFP de ce jour de grâce.
Pouvons-nous encore aujourd’hui nous interroger sur la peine de mort? Le fait de s’interroger ne serait-il pas à lui seul une sorte de régression?
Il est rare de pouvoir avoir un débat intéressant et constructif sur la peine de mort. Aucun argument valable n’est jamais avancé et surtout la peine de mort n’avance à rien si ce n’est à la mort. Sans faire du sentimentalisme mais en essayant de regarder les faits objectivement, peut-être même scientifiquement il n’y a aucun intérêt à cette pratique (je ne me fais pas d’illusion sur mes capacités à être objective mais on commence toujours comme ça une démonstration).
Essayons de résumer, de résumer, ne nous méprenons pas..
1) La peine de mort n’est pas dissuasive, il n’y a aucune preuve qu’elle contribue à diminuer la criminalité.
2) La logique voudrait que l’on applique l’idée, le principe qu’on ne peut punir et condamner ce que l’on pratique soi-même. (Pour l’éducation des enfants cette théorie revient souvent, demandons à super nanny, il faut montrer l’exemple!).
3) Les arguments qui reviennent sont toujours les mêmes : “ils ne méritent pas de vire” (au même titre qu’ils ont pu estimer qu’une autre personne n’aurait pas cette chance pourquoi nous priver du même plaisir). “œil pour œil dent pour dent”, cette citation est à remettre dans un contexte très spécifique et surtout antique. Nous pourrions en ressortir d’autres du même acabit et de la même époque (droit de cuissage, servage, crucifixion..). De plus nous devrions souvent nous réjouir que cet adage ne s’applique que dans certaines situations particulières et surtout au niveau individuel sinon nous aurions un magnifique monde peuplé d’aveugles et d’édentés, encore une fois que celui qui n’a jamais péché me jette la première pierre…
novembre 22, 2009 à 4:30 |
et pour être un peu plus cynique, mais tout autant scientifique, la peine de mort coûte cher, très cher, bien plus qu’une condamnation à perpétuité. En temps de crise, voilà enfin un “vrai” argument qui est capable de sensibiliser les américains les plus réfractaires à son abolition pour motifs moraux…
Comme tu le dis si bien, “Il est rare de pouvoir avoir un débat intéressant et constructif sur la peine de mort”. De là à dire qu’il n’est pas efficace
novembre 22, 2009 à 7:33 |
Très bon as always..